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Sortons l'agriculture du salon !

Quand ? Le 25/02/2017,
de 10:00 à 22:00
Où ? Carreau du temple, Paris
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UN MANIFESTE POUR APPELER À UNE EXCEPTION AGRICOLE


Si on trouve nécessaire de ne pas considérer les biens culturels comme de simples marchandises soumises au jeu du marché, au nom de la sauvegarde et de la vitalité de toutes les cultures du monde, ne doit-il pas en être de même pour la terre et les produits agricoles qui visent à assurer nos besoins alimentaires ?

L’ancêtre de l’OMC - le GATT - au lendemain de la Seconde Guerre a abordé la mondialisation et la libéralisation du commerce en instituant une exception pour certains produits culturels. Aujourd'hui, cela permet un paysage culturel avec une grande diversité de films, avec le prix unique du livre, avec la protection des trésors nationaux, avec des contraintes de production pour la télévision... Un autre régime d'exception, à l’origine, devait concerner notamment les produits de base issus des ressources naturelles et notamment les produits agricoles. Pourtant, par un accident de l'Histoire, la Charte de la Havane de 1948, dont ce régime était issu, n'a été mise en œuvre que pour la culture et pas pour l'agriculture.
Que pourrait être, à l’image de l’adoption, le 20 octobre 2005 à l’UNESCO, de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, un acte instituant un régime d'exception embrassant alimentation, agriculture et écologie ? Pour répondre, le collectif des signataires en appelle à :

1. Une démocratie alimentaire : Les grands problèmes alimentaires ne sauraient être la chasse gardée des firmes, syndicats et "experts". Ils doivent relever de la vie démocratique. Au sein d’une démocratie alimentaire, chaque citoyen est un acteur majeur qui juge, goûte, évalue, discrimine, interdisant de reléguer l’opinion publique en bout de chaine au stade trop tardif de la consommation. Au côté des paysans, nous - les membres de la démocratie alimentaire, affirmons le principe de souveraineté alimentaire, en tant que coproducteurs. Nous voulons être présents et actifs dès l’origine des denrées, associés au travail des cultivateurs, éleveurs, pêcheurs, au sort des animaux, aux modes de production, aux astreintes écologiques et climatiques, aux enjeux commerciaux, aux risques sanitaires et aux questions nutritionnelles, culturelles et gustatives.

2. Une nouvelle donne agricole : Nous avons besoin d’une politique hardie de réajustement des ressources naturelles d'un territoire avec les besoins alimentaires de la population qui y vit. Nous devons conjurer la prolétarisation de la profession d’agriculteur du fait d'un marché libéral construit sur le faible coût des denrées, sur la forte rentabilité des activités intermédiaires entre producteurs et consommateurs, sur une politique de prix tout autant volatils que compressibles, sur des pratiques contraires à la santé humaine et environnementale, sur des innovations techniques au détriment des savoir générationnels, sur l'appropriation du vivant par des brevets et autres droits de propriété industrielle au détriment de la biodiversité et des ressources naturelles des pays en développement. Il faut tout simplement revenir à plus de raison.

3. Une transition écologique en agriculture : Toutes les conditions sont réunies pour entamer et réussir une transition d'une agriculture centrée sur la production massive d'un nombre de plus en plus limité de produits vers des agricultures diverses, adaptées aux territoires, conformes aux souhaits des citoyens, respectueuses de la terre et des ressources naturelles limitées, attentives aux besoins des générations futures. Nous devons encourager les initiatives qui se multiplient tant au stade de la production ("bio", agroécologie, agriculture de terroir, permaculture, agriculture urbaine...) qu'à celui de la commercialisation et de la consommation (AMAPs, magasins de producteurs, coopératives de production, circuits courts et de proximité...).

Nous en appelons donc à penser un régime d'exception pour la terre, l'agriculture et l'alimentation mises au service du Bien commun dans un nouveau "contrat naturel".UNE JOURNÉE POUR ÉCHANGER!

Avec le parrainage de Michel Serres, le manifeste Pour une exception agricole et écologique pose les bases pour construire une Convention internationale faisant de l’agriculture et l’alimentation des biens exceptionnels, à l’image de ce qui a déjà été fait dans le domaine de la culture.
Mais la construction de ce régime juridique d’exception agricole, ne se fera pas sans une large mobilisation citoyenne. C'est pourquoi nous appelons à ce que ce Manifeste soit signé et diffusé le plus largement possible et organisons, une journée forum au Carreau du Temple à Paris. 
Nous avons choisi la date du 25 février, jour de l'inauguration du Salon International de l'Agriculture porte de Versailles, pour cette journée forum que nous avons symboliquement intituée "Sortons l'Agriculture du Salon" car toutes les conditions d’une réforme profonde sont là, et très loin du folklorique Salon de l’agriculture où l’industrie agricole et alimentaire a pris trop de place.
Cette journée sera l’occasion d’échanger autour de ces questions de façon
conviviale. Elle permettra de rassembler les acteurs de la démocratie alimentaire, qu’ils soient paysans, cuisiniers, artisans, intellectuels,
scientifiques, artistes ou, plus simplement, citoyens-mangeurs, et de s’approprier l’appel à une exception agricole, mais aussi de mettre en synergie les acteurs et les initiatives afin de décider ensemble des prochaines étapes de cette démarche.
Et parce que le goût et la diversité des saveurs font partie intégrante de nos réflexions, le bar du Carreau du Temple accueillera artisans, vignerons et producteurs, afin de trinquer à la démocratie alimentaire et à cette nouvelle donne agricole.


INTERVENANTS

  • Olivier Assouly (Philosophe, spécialiste de l’alimentation)
  • Matthieu Calame (directeur de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'Homme)
  • François Collart Dutilleul (directeur et initiateur du programme Lascaux, professeur émérite des Universités)
  • Pierre Hivernat (rédacteur en chef du Magazine Alimentation Générale)
  • Maxime de Rostollan (paysan, coordinateur du projet Fermes d’avenir)
  • Olivier de Schutter (juriste, professeur de droit international)
  • Gilles Fumey (géographe, enseignant-chercheur, Sorbonne-Université et ISCC-CNRS)
  • Ioan Negrutiu (biologiste, directeur de l’Institut Michel Serres à l’ENS de Lyon)
  • Michel Serres de l'Académie Française


Pour lire le Manifeste complet : www.alimentation-generale.fr

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